Obscures terreurs – Jonas

600full-humphrey-bogart-200x250 Obscures terreurs - JonasFoutu pour foutu, autant coucher quelques bribes de mon malheur sur papier, pour la postérité. Laisser une trace. Un témoignage morbide et futile d’une scène sans visage et sans existence aux yeux du monde.

L’homme qui vit au quotidien n’a d’autres préoccupations que ce dans quoi il s’est enfermé, souvent par choix, assumés ou non. Il se lève le matin, aurait préféré dormir un peu plus et songe pendant son café aux tâches qui l’attendent dans la journée. Des réunions, des rapports à rédiger, des rendez-vous à prendre. La routine. De temps en temps, l’homme goûte à l’oisiveté.
Il découvre alors la vacuité de son quotidien, de ce monde vide de sens qui l’entoure. De toute cette agitation sans aucun sens. Cette homme tire-t-il un bonheur de la supériorité qu’il ressent dans ce constat, observant ses congénères se débattre d’un point de vue extérieur, d’observateur devenu juge par choix du référentiel ?

L’homme a besoin de sens. L’homme créée l’univers dans lequel il vit et construit lui même les buts qui orientent son existence.
Ainsi, certains ne se contentent pas d’observer. Certains ont le temps, on fait ce constat de la vacuité et ont compris qu’ils avaient besoin de s’occuper. Ils jouent. Ils s’amusent. Et pour des raisons qui m’échappent, ceux-là manipulent nos existences comme des enfants cruels maltraitent des insectes.

Il y a l’homme et l’homme. Celui de tous les jours, celui que l’on est. Et il y a l’homme, l’autre, celui qui se voile derrière un mystère qu’abrite son apparence. Les secrets. Les petits rien inexpliqués du quotidiens, ceux que l’on écarte d’un geste, ou Les grands et terribles secrets, dont on ignore l’existence. Pas le temps pour ça. Pas vus.

Pourtant, les mystères fascinent.

Car ce qu’ils cachent, peu y ont accès.
Le savoir. Le pouvoir. Le moyen d’aller au-delà des possibilités du commun des mortels.

Quel qu’en soit le prix, les secrets les plus sombres attirent. L’homme est prêt à payer de son être, de son humanité, de son âme pour y accéder.

C’est ce contre quoi je lutte. C’est ce contre quoi nous luttons.

Mais les armes sont inégales. Si l’homme est un loup pour l’homme, qu’en est-il du loup parmi les hommes ? Celui qui a puisé dans les sombres savoirs et a vendu son âme, qu’a-t-il à craindre, le temps de son existence terrestre, de ceux qui ont préféré garder leur humanité ? Ceux-là ont-ils raison de conserver leur humanité aux prix de leur vie s’ils en venaient à l’affrontement, alors qu’ils n’ont aucune idée de ce qui les attend au-delà du trépas ?

Ces questions me taraudent. Elles me hantent.

Elles me hantent.

Elles me hantent.

Elles me hantent.

  • « Obscures terreurs », Pulp Magazine n°283, une histoire de Jonas Richard Edgarson.

Valkann

Élu des Internets, défenseur de la grande Trollerie, Gardien des Grands Anciens

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