La chose dans le puits

Terreur sous le puits

« À peine se remettait-il de la sombre affaire des vers géants qui avaient ravagé le sous-sol de Boston – et que la population n’avait perçu que comme un banal tremblement de terre, que déjà le professeur Jones était happé par une toute autre histoire.

 La chose dans le puits

Extrait de « Jones et la terreur du Puits », Pulp Magazine n°273, une histoire de Jonas Richard Edgarson

[…] La nuit gluante et froide étouffait de son vide poisseux les environs de la vieille ferme, dans un silence de mort. Une tension inquiète régnait. Posté sur un renfort au bas du mur de la petite grange où avaient été retrouvées les traces de sang, Jones veillait. Il avait mis sa lourde cape de tissu usé, et s’appuyait sur sa vieille winchester qu’un ancien soldat de l’Union lui avait confiée dans son dernier souffle. Il discernait à peine ses compagnons, dissimulés autour de la cour – au centre de laquelle émergeait, tel une tumeur, la sombre masse du vieux puits. Une ombre titubante se détacha de la ferme, se dirigeant vers le puits. Le vieux Hapkers. Jones discernait sa peur, mesurable à la fumée gris-bleu qui se dégageait à chaque expiration. Un froid glacé hantait les lieux comme dans un tombeau. Campé contre le mur glacé, les mains serrées sur son arme, Jones observait en silence le vieil homme disparaître et réapparaître dans le brouillard de l'obscurité. Puis tout bascula. Tel un éclair de nuit, la chose frappa. Personne ne comprit ce qui s’était passé. Foudroyé, le vieil homme bascula mollement avant de s’effondrer dans la froideur du sol marécageux. Tel un loup attisé par l’odeur de sa proie, Jones se redressa d’un bond. Ses compagnons cherchaient encore à comprendre la situation quand il atteignit le puits. Fermement tenu dans sa main droite se trouvait un jerrican d’essence agrippé à l’entrée de la grange. Miss Rosemary hurla quand elle comprit à quel point l’intrépide professeur était proche du danger mortel qui venait de terrasser le vieux Hapkers. Jones ne l’entendit même pas. Tout comme il n’entendit pas l’ombre qui émergeait du puits… Parfois, les sens sont superflus. Le temps est à l’action. Laisser le corps parler. Agir. Faire. Tout le monde n’a pas cette capacité d’instinct nécessaire à un tel comportement. Jones était de ceux-là. Et il agissait. Un craquement d’os et de chair accueillit sa semelle alors qu’elle s’enfonça dans la créature venue du puits. Déséquilibrée, celle-ci fut projetée dans les ténèbres de la cavité dont elle provenait. Sans attendre, Jones décrivit une courbe parfaite avec le Jerrican, projeté dans une traînée d’essence jusqu’au cœur du puits. Du même mouvement, il visa le mur maculé de liquide noir et poisseux, et fit feu. Le résultat dépassa ses espérances. La fournaise. L’enfer descendu sur terre, dans un hurlement déchirant, inhumain. Le puits était devenu brasier, éclairant jusqu’au ciel dans une fumée démoniaque. Les terreurs inavouables qui étranglaient les lieux se déchiraient en une multitude de fragments qui s’effilochaient au contact des flammes purificatrices. Jones se tenait face au feu, droit et fier, les yeux plissés par la violente chaleur qui se dégageait. Derrière lui, ses amis sortaient timidement de leur cachette, il le savait. C’était fini. La créature n’était plus… […] » - Extrait de « Jones et la terreur du Puits », Pulp Magazine n°273, une histoire de Jonas Richard Edgarson.

Valkann

Élu des Internets, défenseur de la grande Trollerie, Gardien des Grands Anciens

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