Appel de Cthulhu – Nightmare Agency / Fungi de yuggoth

Salut à tous, bon en ce moment je n’ai pas pris beaucoup de temps pour écrire des articles, ni prendre des photos, soucis de santé, beaucoup de travail bref la vie en somme. Je me suis donc arrangé avec mes charmantes victimes de jeu de rôle pour vous fournir le compte rendu de leurs parties de l’Appel de Cthulhu. J’espère que vous allez aimer. Je vais commencer par vous présenter les protagonistes de cette aventure qui reprend des scénarii de deux campagnes de l’appel de Cthulhu célèbres : Nightmare Agency et les Fungi de Yuggoth

Les détails des deux campagnes apparaissent sur http://www.tentacules.net/

Appel de Cthulhu – Solomon Oz

rudolph-valentino-1920s Appel de Cthulhu - Nightmare Agency / Fungi de yuggoth
Solomon Oz

Niveau d’accréditation requis: 4
Enquête obligatoire lors de promotion du niveau d’accréditation 3 au niveau d’accréditation 4.

Rapport succinct d’observation et d’investigation de M. Solomon OZ pour les services, en vue de la promotion de M. David OZ.

Solomon est né autour du 4 décembre 1905 (date officiel) à New-York il est le second d’une fratrie de deux enfants. L’aîné, David serait né le 10 Août 1900. Leur mère Eva OZ, connue des services de police de l’époque est décrite comme étant une “débauchée et vagabonde notoire”. Elle abandonne ses fils le 4 décembre 1905 à l’orphelinat Sainte Marie Saint Ange. Reçue par le père Benoît, elle transmettra les prénoms des deux enfants. Ce sont les seules informations qu’elle laissera avant de disparaître.

Les deux enfants seront élevés à l’orphelinat Sainte Marie Saint Ange et scolarisés à l’école catholique de l’établissement. D’après les bulletins de notes retrouvés dans les archives, Solomon OZ était un élève brillant mais au comportement “déroutant”. Il est décrit par plusieurs professeurs comme troublé et troublant, l’un deux emploiera même les mots suivant : “Sol est un sacripant vicieux, un psychopathe en devenir”. D’après les témoignages d’anciens élèves, le petit Solomon était un garçon un peu solitaire mais sympathique et amusant par ses frasques et son comportement rebelle vis à vis des professeurs.

En 1916, Solomon est âgé de 11 ans et David de 16 ans. Cette année-là une personne du nom de Joseph Oz se présente à l’établissement Sainte Marie Saint Ange. Il dit être l’oncle des deux garçons. Il aurait apprit leur existence lors des funérailles de sa soeur Eva, par une amie de cette dernière. Joseph Oz, d’après nos informations est un riche homme d’affaire. Parti de rien, issu d’une famille d’immigrants Anglais de confession juive d’un milieu modeste, il fera fortune dans l’extraction de métal et la sidérurgie. Il est surnommé par certains le “Rockefeller de fer”.

Joseph Oz obtiendra les droits parentaux sur les deux enfants, et c’est en Août 1916 qu’ils quitteront l’orphelinat.

Dès 1916, Solomon est pris en charge par son oncle, un homme très soucieux de la bonne éducation de ses neveux. Il sera inscrit à meilleure écoles de l’état. Les résultats scolaires du garçon sont toujours brillants, nous pouvons d’ailleurs noter une nette amélioration de son comportement entre 11 et 17 ans, aucune remarque sur son comportement n’a été relevée.

En 1925, A 18 ans avec plusieurs années d’avance par rapport au cursus scolaire classique, il obtient son premier diplôme universitaire en biologie générale.

C’est également à cette date que Solomon disparaît. Son oncle déclare sa disparition le 30 décembre 1925. Nous n’avons trouvé qu’un document de cette période, une photographie d’une famille de forain posant devant leurs animaux en tenue de spectacle, Solomon se tient parmi eux… Il a vraisemblablement voyagé et vécu avec cette famille durant environ 1 an.

Il réapparaît officiellement le 15 février 1927, en retournant sur les bancs de l’université où il s’inscrit à des cours extrêmement divers… Il obtiendra en 2 ans deux autres diplômes et signera plusieurs publications dans diverses revues scientifiques.

C’est durant cette période qu’il rencontre celle qui deviendra sa femme. Leila Daymco deviendra Leila OZ en 1928. Solomon, rentier pendant ces années rend quelques services à la police de la ville en tant que consultant. Il vit une vie de couple paisible, jusqu’au 3 mars 1930.

Leila Oz née Daymco est retrouvé morte dans l’appartement du couple. Cette période est assez trouble et nos informations sont trop partielles pour tirer des conclusions sur ce qu’a pu faire Solomon suite à cet évènement. Des rumeurs disent pourtant qu’il aurait enquêté seul, les services de police ayant conclu au suicide. Nous n’avons pas d’information claire à propos des résultats de son enquête privée. Une chose est sûre, toutes les personnes interrogés s’accordent à dire que ce monsieur, certes original et quelque peu dérangeant, n’a plus été le même après la mort de sa femme, tous le décrive comme un homme déprimé et fou.

Trois ans après, Solomon crée son cabinet de détective privé. Il continue d’œuvrer régulièrement pour les services de police de la ville.

Appel de Cthulhu – Jonas Richard Edgarson

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Jonas Richard Edgarson

Archéologue-aventurier et nouvelliste chez Weird tales

La famille Edgarson, comme la plupart des grandes familles enivrées par les fastes du pouvoir, a ses moutons noirs. Jonas Richard Edgarson, demi-frère paternel d’Aaron Richard Edgarson, était de ceux-là.

Il n’avait jamais connu sa mère autrement que par les adjectifs venimeux par lesquels la qualifiait sa belle-mère, épouse légitime de son père et dont la seule satisfaction était de l’avoir chassé dès son plus jeune âge de la demeure familiale. Très jeune, il découvrit la vie en pension, devenant très vite la terreur du dortoir des filles et le rosseur des binoclards à la récré. Son attitude provocante fut curieusement appréciée par son père, qui suivit de loin ses études en archéologie et prit un grand plaisir à financer ses voyages et suivre ses créations littéraires publiées dans des magazines de pulp.

Jonas Richard – plus souvent appelé « Jones » ou « JR » – est un nanti. Son quotidien se partage entre les fouilles en Égypte, les expéditions à la recherche de trésors perdus (c’est à cette motivation qu’il doit d’être parvenu à achever ses études en archéologie), les conférences à la Miskatonic University pour raconter ce qu’il a découvert et la rédaction des formidables aventures semi-autobiographiques de JR Edgarson l’aventurier.

Lorsque ce vieux clou poussiéreux obsédé par le profit d’Aaron fit appel à lui, JR fut méfiant. Les deux demi-frères ne s’étaient parlé que quatre ou cinq fois en dix ans, finissant les trois quarts du temps sur une dispute. Il accepta tout de même de déjeuner avec son grand frère qui lui raconta les événements récents.
Lorsqu’ils en vinrent au dessert, les deux hommes étaient réconciliés. JR allait prendre contact avec Hopkins, Brigitte ou cette petite journaliste qui avait si bien descendu son frère.

Il s’étira. Dans sa besace, son bon vieux colt 1911 premières éditions était appuyé contre une petite fiole contenant un remède que la vieille chinoise lui avait offert lors de sa dernière visite. Elle lui avait encore fait une prédiction bizarre, flippante. Pourtant, il l’aimait bien. Ses conseils étaient vagues et souvent sans queue nu-tête, mais ils finissaient toujours par prendre un sens. Elle lui avait plusieurs fois sauvé la mise, comme ça.
Se laissant glisser dans son fauteuil, il laissa son esprit s’égarer dans ses souvenirs. Les paysages magnifiques du Moyen-Orient, les délices de l’inde et les magnifiques geishas de chine…

Un toussotement l’interrompit alors que ses rêveries prenaient un tournant franchement érotique. Il redressa la tête.
Aaron le toisait, raide comme un coup de trique. « J’ai réglé. Tu as les coordonnées de Brigitte et Hopkins sur ce papier, devant toi. Pour la journaliste, débrouille-toi. Je ne veux rien avoir à faire avec elle. Si tu as besoin d’autre chose, contacte ma secrétaire. Et tiens moi au courant. »
Sur ce, Aaron Richard Edgarson se dirigea vers la sortie, en direction de son bureau ou d’un quelconque voyage d’affaires.
Jonas arbora un sourire. Quelle vie de con.

Le papier dans sa besace, il but son café d’une traite. La serveuse s’approcha, lui demandant s’il souhaitait autre chose. Le jeune homme allait la congédier, lorsqu’un détail lui sauta aux yeux. Ou plutôt deux. Bien gaulée, joli visage… finalement, il n’était pas si pressé.
Avec un grand sourire, tout en l’invitant à s’asseoir, il prit un air surpris. « C’est incroyable ! Vous ressemblez exactement à la princesse d’Orient. Vous la connaissez ? Vous êtes de sa famille ? »

Appel de Cthulhu – Alexander Hopkins

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Alexander Hopkins

13 février 1902

 

Watkins a finalement réussi à me persuader de commencer un journal. Je n’en vois pas vraiment l’intérêt, mais il n’a de cesse de me rebattre les oreilles avec ses idées de catharsis. D’après lui nous avons tous besoin d’évacuer notre stress d’une manière ou d’une autre, et bien que je ne rechigne pas à la pratique du sport (j’ai quelques bonnes dispositions à la canne par exemple), je ne goûte guère l’esprit de compétition qui va systématiquement de pair avec lui.

Ne sachant pas trop comment m’y prendre, ni quoi écrire, je vais essayer de commencer par la base. Je me nomme Alexander Hopkins et je suis né le 25 mars 1881 dans notre belle ville de Boston, Massachusetts. Père était employé à l’usine ultra-moderne Ford, comme technicien sur une chaîne de montage automobile. Mère était sans profession, et se consacrait totalement à l’administration et à l’entretien de notre cocon familial.

De mon enfance je ne conserve que quelques souvenirs épars, à la saveur douce-amère que l’on associe souvent à la nostalgie. Mes parents étaient des gens simples et profondément bons, ce qui me valut une éducation dont je mesure aujourd’hui encore la valeur. Nous vivions dans un quartier résidentiel comme il en fleurissait tant, alignement sans fin de maisons copie-conformes, où les rues rectilignes semblaient former un maillage étroit, ne laissant aucun passage à la fantaisie, et où les relations entre voisins se voulaient cordiales et raisonnables. Sans doute ce tableau semble-t-il trop idyllique pour être honnête, et sans doute est-ce un peu vrai… mais la mémoire à ceci de formidable qu’elle peut revêtir d’or le plus vil des matériaux, pourvu qu’on lui en laisse le temps.

Très tôt on décela chez moi un grand potentiel. Certains prononçaient le mot « surdoué », d’autres le mot « génie », toujours avec une certaine trace d’envie, de respect, mais aussi de curiosité malsaine. Le fait est qu’il était clair, et ce dès l’école maternelle, que mes capacités cognitives étaient beaucoup plus développées que celles de mes petits camarades. Néanmoins je passai mon enfance dans des écoles publiques normales, mes parents ne voulant pas qu’une marginalisation précoce ne sape à la base mes capacités sociales. En cela ils avaient eu raison, même si aujourd’hui je me rends compte que malgré cela je ne suis pas un modèle dans ma gestion des relations humaines. A partir du lycée je fus toutefois inscrit à la prestigieuse Forray’s School for the Gifted, une institution réservée aux élèves particulièrement talentueux.

Mais je vois que l’heure tourne, et j’ai un essai à rendre demain. Ecrire m’a fait du bien finalement, il n’est pas impossible que – aussi improbable que cela puisse paraître – Watkins ait eu raison de me pousser à commencer.

18 juin 1904

Ca y est, c’est officiel : je suis médecin! Je suis le plus jeune diplômé de cette promotion, et j’ai obtenu les meilleurs résultats. Je n’en suis pas surpris car j’ai dominé durant tout mon cursus, toutefois j’ai vraiment le sentiment de les avoir mérités, après tout j’ai travaillé dur pour cela. Je ne m’éternise pas, Watkins doit passer me prendre dans quelques minutes. Il a insisté pour que je l’accompagne avec les autres élèves à une soirée de célébrations, et bien que je ne goûte guère ces frivolités je me suis laissé convaincre.

27 avril 1907

Avec tout ce que je vois quotidiennement sur ma table d’opération je pensais m’être construit une belle carapace contre la peine et la douleur, mais je me rends compte aujourd’hui à quel point mes efforts étaient futiles. Dans notre métier on s’habitue très vite à maintenir une certaine distance avec nos patients. Il est trop facile de développer des sentiments de sympathie, sentiments qui peuvent fausser notre jugement et nos capacités aux moments les plus critiques. Mais rien ne peut nous protéger contre le chagrin de perdre un être proche.

Père est mort aujourd’hui. Il y a eu un accident à l’usine, et il s’est fait broyer dans une machine qui servait à je ne sais quelle opération. Quand Mère et moi avons dû identifier le corps, nous avons eu du mal à le reconnaître. Au moment où le légiste a levé le drap, je crois que quelque chose s’est brisé en Mère. Elle n’a pas cessé de pleurer depuis, et ses sanglots déchirent mon cœur aussi sûrement que la peine due à la perte de Père. Dieu nous vienne en aide dans cette épreuve!

12 janvier 1909

Les souffrances de Mère ont finalement pris fin. C’est horrible mais d’une certaine façon je pense que c’est mieux ainsi. Elle ne s’est jamais vraiment remise de la mort de Père, et si je concède que l’obsession quasi-morbide pour la religion qu’elle a développée suite à cet évènement l’a aidée à s’accrocher à la vie, je ne supportais plus ses longs discours qui tenaient presque du fanatisme. Les six derniers mois qu’elle a passés à l’asile St Ursula ont été particulièrement éprouvants, même si mes responsabilités m’empêchaient souvent de passer la voir plus d’une fois par semaine, soit beaucoup moins que ce que j’aurais souhaité. Je sais que c’est idiot, mais je ne peux m’empêcher de me sentir coupable. Moi, le grand chirurgien, je n’ai été capable de sauver ni mon père ni ma mère. Néanmoins l’apparence sereine que cette dernière arborait sur son lit de mort m’a quelque peu réconforté. Je me console en me disant qu’elle est désormais aux côtés de l’époux qu’elle avait tant aimé.

2 mars 1911

Tous des incompétents! Je me demande où ces internes ont obtenu leur diplôme, ils sont tous plus apathiques les uns que les autres. Leurs temps de réaction sont immenses et quand ils prennent des initiatives elles sont mauvaises et contre-productives. J’enrage de penser que ne serait-ce que l’un d’entre eux arrive un jour à être chirurgien. Qu’apprennent-ils donc à l’école?

12 mai 1911

J’ai l’horrible impression d’avoir fait le tour de ce que le Saint James Hospital avait à me proposer. Les cas de mes patients sont d’une banalité affligeante, et si je les traite toujours avec le professionnalisme qui leur est dû, je ressors de chaque opération avec la sensation frustrante d’avoir perdu mon temps. Je suis irritable et – je le pense même si personne ne m’en fait part – parfaitement odieux avec tout le monde. Peut-être est-il temps pour moi de changer d’air. Je vais y réfléchir sérieusement.

14 février 1914

Finalement après ces quelques années d’errances je crois avoir trouvé l’établissement qu’il me fallait! Arkham est une ville charmante et son hôpital tout à fait fonctionnel. Le personnel me semble compétent et il semblerait que de nombreux cas hors-normes échouent ici, comme j’ai déjà pu m’en rendre compte. Serais-je enfin confronté à des défis dignes de mes compétences?

5 septembre 1915

C’est incroyable, après toutes ces années Watkins a repris contact avec moi! Il se trouve qu’il vient de décrocher un poste à la clinique d’Arkham. Je suis un peu soulagé de ne pas avoir à travailler directement avec lui, sa propension à l’extraversion et à la frivolité ayant le don de m’exaspérer; mais je suis tout de même heureux qu’il soit près de moi. Nous dînons ensemble ce soir, une bonne occasion de nous remémorer le bon vieux temps.

15 mai 1917

Hier soir lors de notre dîner hebdomadaire Watkins a de nouveau parlé de la préoccupante entrée en guerre des Etats-Unis. Je n’ai jamais eu vraiment la fibre patriotique mais je suis d’accord avec lui : nos compétences seraient un atout précieux pour les Alliés, et sans doute est-ce une bonne chose que nous nous impliquions – quoique tardivement – dans ce conflit. Même si certaines dispositions restent à prendre nous nous sommes quasiment entendus : nous allons nous engager.

1er août 1917

Que Dieu nous vienne en aide! Le front Ouest dépasse en horreur la somme de tout ce que j’ai vu dans ma carrière. C’est un cortège sans fin de blessés, estropiés et agonisants qui défilent devant nos yeux. Si Watkins – où qu’il ait été affecté – voit la moitié de ce que je vois chaque jour, sa bonne humeur proverbiale et son indéfectible enthousiasme devraient en prendre un coup. Chacun fait ce qu’il peut ici, mais c’est rarement suffisant. Toutefois un des infirmiers, un jeune homme d’à peine plus d’une vingtaine d’années, me semble extrêmement prometteur. N’eut été cette guerre il aurait pu suivre les études qui l’auraient mené à une grande carrière. D’une certaine manière il me rappelle moi à son âge. Peut-être vais-je le prendre sous mon aile, quel meilleur professeur pourrait-il trouver ici?

20 septembre 1917

Harry se débrouille de mieux en mieux, mais ce n’est pas une raison pour que je relâche ma vigilance. C’est en exigeant le meilleur de soi et des autres que l’on atteint l’excellence. J’ai réussi à lui obtenir une dispense définitive d’exercices militaires, afin qu’il puisse pleinement se consacrer à l’étude de la médecine, sous ma tutelle bien entendu. Nul besoin de savoir manipuler un fusil, notre travail n’est pas de tuer mais de soigner. Il semble ravi et son enthousiasme couplé à ses progrès fulgurants me réchauffent le cœur. Je ne pensais pas que la transmission du savoir pouvait être si exaltante!

19 décembre 1917

Il est mort, il est mort, mort une balle dans la tête et ses yeux me regardent ils sont venus et il est mort oh mon Dieu mort mort il me regarde et ses yeux sont morts et il tombe dans une mare de sang et je n’ai rien pu faire il est mort

20 décembre 1917

Une contre-offensive prussienne a conduit les combats dans notre campement hier. Ce fut un véritable massacre… Harry s’est fait tuer devant moi, son arme s’était enrayée et il n’a pas su comment réagir. Peut-être que si je l’avais laissé suivre les exercices il serait encore vivant aujourd’hui. Comment ai-je pu être à ce point aveugle à ce qui se passait autour de moi? Je ne voyais que des patients, des cas à traiter, et j’en étais venu à oublier qu’il s’agissait avant tout de jeunes hommes à qui l’on venait de retirer tout avenir, se faisant étriper pour d’obscures questions de frontières qui ne nous concernent en rien. Je ne sais par quel miracle je m’en suis tiré indemne mais je compte bien mettre ce sursis à profit pour venger la mort de Harry. Plus question de me réfugier dans les campements, je compte bien participer activement aux combats désormais. De plus je pourrai continuer à apporter mon aide aux soldats blessés directement sur place.

12 janvier 1918

Aujourd’hui j’ai eu un aperçu de ce que devait ressentir un héros de guerre. Un groupe d’éclaireurs prussiens avaient réussi à s’infiltrer dans notre tranchée et s’apprêtaient à ouvrir le feu sur mes compagnons totalement pris au dépourvu. Par chance je les ai détectés à temps et j’ai réussi (par je ne sais quel miracle je dois bien l’avouer) à les éliminer tous jusqu’au dernier, non sans recevoir une balle dans la jambe, juste au-dessous du genou. Impossible de m’opérer moi-même, je vais devoir m’en remettre aux bons soins de quelqu’un d’autre. La blessure est propre mais je doute de pouvoir retrouver l’usage intégral de ma jambe, quel que soit le degré de compétence de celui qui m’opèrera.

La douleur est rendue supportable grâce aux drogues que j’avais sur moi, mais je ne me fais pas d’illusions quant aux jours à venir : je ne sais que trop bien que nous ne disposons pas de médicaments pour tout le monde, et d’autres plus sévèrement touchés que moi en auront un besoin bien plus impérieux.

25 mars 1918

J’ai 37 ans aujourd’hui. Un bel âge pour certains, mais je me sens comme un vieillard. Voilà environ trois semaines que je me suis fait rapatrier, et j’ai énormément de mal à me réadapter à ma vie d' »avant ». Je ne peux toujours pas marcher sans l’appui d’une canne, et il y a très peu de chances pour que cela s’arrange un jour. Mes mains et mon cerveau sont toujours parfaitement fonctionnels toutefois, et je pourrai sans doute reprendre les opérations dans quelque temps. Je subis régulièrement des examens médicaux et psychologiques, et il semblerait que je sois à la veille d’une dépression nerveuse. Vraiment étonnant compte-tenu de ce que j’ai vécu cette dernière année! Même moi j’aurais pu produire ce diagnostic… Je ne suis pas inquiet toutefois : je me connais suffisamment pour savoir que je suis capable de surmonter cette nouvelle épreuve.

1er juillet 1918

Je me sens beaucoup mieux, même si les cauchemars que je fais chaque nuit m’empêchent de profiter d’un sommeil réparateur. Je revois tous les soldats que je n’ai pas pu sauver, avec à leur tête Harry, qui me pointent tous d’un doigt accusateur. Leur chair putréfiée est ouverte par endroits, laissant apercevoir des morceaux d’entrailles ou de squelette. Leurs orbites ne contiennent que des globes d’un blanc laiteux, mais pourtant je sens le poids de leur regard. J’ai le sentiment qu’ils regardent au plus profond de moi et me jugent pour mes actes, ou mon absence d’actes, tout en s’approchant de moi, plus près, toujours plus près… Je me réveille en sursaut au moment où la main décharnée, bien que pleine d’une force surnaturelle, de Harry se referme sur mon bras. Je sais pertinemment que c’est le contrecoup de toutes les horreurs dont j’ai été témoin couplé à mon sentiment de culpabilité qui provoquent ces images, mais cela n’enlève rien à l’effet qu’elles produisent sur moi.

11 novembre 1918

Ils disent que la guerre est finie. Cela veut donc dire qu’au lieu de mourir sur un champ de bataille nous mourrons sur un champ de ruines. Quelle pensée réconfortante! J’en rirais presque si je n’avais à l’esprit tous les morts qui ont dû être consentis pour parvenir à cette « victoire ». Sans compter les vies détruites, les rêves balayés, les avenirs volés… J’ai décidé d’envoyer la portion de mes revenus qui ne m’est pas indispensable à la famille d’Harry, que je sais être d’un milieu modeste. Futile tentative d’amadouer ma conscience, j’en ai peur, mais mieux vaut une expiation monnayée que pas d’expiation du tout.

8 juin 1920

Finalement j’ai repris mes activités médicales : j’ai ouvert un petit dispensaire avec pignon sur rue, où je soigne à moindre frais – et surtout de manière discrète – les gens qui m’en font la demande. Le fait d’être à mon propre compte m’apporte un confort dont je ne pensais pas avoir besoin. Je peux me consacrer à diverses recherches me tenant à cœur. A ce sujet j’ai découvert avec stupeur dans une revue médicale que certains de mes confrères se penchent sur l’étude de voies parallèles à la médecine traditionnelle, comme la radiesthésie, la conjuration et autres charlatanismes. Tout de même il semble que quelques résultats intéressants aient été obtenus par la pratique de l’hypnose. Si j’ai un peu de temps j’approfondirai la question.

16 octobre 1925

Grosse journée aujourd’hui au cabinet. J’ai dû rafistoler deux jeunes qui avaient été blessés par balle, heureusement de manière relativement superficielle. Comme à mon habitude je n’ai posé aucune question, mais je ne me fais pas d’illusions quant aux circonstances de leur obtention. Mr. Flaggherty est passé également, et sa séance hebdomadaire de réminiscences sous hypnose semble lui faire le plus grand bien. Malgré les résultats que j’observe je reste persuadé que cette pratique ne fait que forcer l’esprit à se soigner de lui-même, et tant que je n’aurai pas percé pleinement les mécanismes mis en jeu je resterai circonspect, et réticent à préconiser ce type de traitement.

Dans un autre registre j’ai rencontré au stand de tir une jeune personne qui m’a fait une grande impression. Ses beaux cheveux noirs coupés à la garçonne, ses grands yeux verts, et sa robe élégante m’ont littéralement subjugué, à tel point que je n’ai mis quasiment aucune balle dans la cible. Elle s’entraînait au tir au pistolet, et il se dégageait de cette jeune femme une sensualité à laquelle je ne croyais pas pouvoir être sensible. Troublant, d’autant plus que je n’ai jamais pris le temps de m’intéresser à ce genre de bagatelle. Qui est-elle? La reverrai-je? Voilà que je m’exprime comme un jouvenceau qui se serait amouraché de la première belle venue… et je crois bien que c’est exactement comme cela que je me sens.

Appel de Cthulhu – Agatha jones

 

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Agatha Jones

Agatha naît à Racine, Wisconsin, durant l’automne 1895. Son père, est professeur d’Histoire à l’université de Milwaukee. « Agatha est une enfant calme… tout l’opposé de Stephen !… » Stephen Jones, le frère cadet d’Agatha crée beaucoup d’animation depuis le jour où il sait marcher ! Elle lui donne un surnom qu’il garde encore « Dakota tête brûlée », le héros de l’une de ces fabuleuses histoires sur la conquête de l’Ouest. Lajeunesse d’Agatha se déroule sans heurts, entre lectures et les jeux inventés par Dakota. En 1913, Agatha est profondément choquée par la fin d’une jeune suffragette qui, pour affirmer ses opinions, s’est jetée au devant du cheval du roi, durant le Derby d’Epson. La jeune fille prend conscience des réalités du monde qui l’entoure, et décide de se battre pour l’amélioration de la condition féminine.

Elle dirige ses études vers l’Histoire et s’intéresse surtout à l’archéologie. En 1918, elle entre à la Miskatonic University et commence à écrire en freelance quelques articles (musées, expositions, conférences, etc.) pour la gazette universitaire puis pour le Boston Globe où elle obtient, un an plus tard, un poste de journaliste. Elle conserve cependant de nombreux contacts avec le milieu des professeurs, chercheurs, préparateurs, étudiants, etc. afin d’avoir la primeur en matière d’événements scientifiques.

En 1921, le professeur Calaghan lui propose de l’accompagner en Chine pour des fouilles. Installée dans la province de Pékin, cette expédition découvre des restes d’hominiens. Le sinanthrope bouleverse alors le monde scientifique… Pendant les deux années qu’elle passe en Chine, Agatha a le temps de s’intéresser aux mouvements politiques du pays.

Durant son séjour, elle se familiarise avec le maniement du revolver, son guide et Calaghan lui ayant chaudement recommandé de toujours partir armée dans ses déplacement dans les quartiers de Pékin. Lors d’un séjour à Shangaï, elle découvre l’occultisme asiatique. Le sujet la passionne, mais elle est sensible aux sombres dangers qu’elle y perçoit. Lorsqu’en 1923, elle rentre à Boston, Agatha est chargée de la direction des pages et rubriques scientifiques du Boston Globe. Agatha habite un petit meublé dans la banlieue de Boston, non loin d’Arkham. Sa vie est tranquille, un peu trop pense-t-elle de plus en plus…

Appel de Cthulhu – George Andrew Colin Mac Allister – Le dernier valet d’Ecosse

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George Andrew Colin Mac Allister

Aujourd’hui, j’ai la sensation qu’il faut que je couche sur le papier les premières étapes de ma vie. Comme avant chaque expédition, j’aime à me rappeler pourquoi je pars, qui je suis, d’où je viens, à défaut de savoir où je vais.

Certaines personnes naissent, vivent et meurent dans un espace n’excédant pas les quarante kilomètres carré. Ils restent enfermés dans une cage, une cage invisible, celle du quotidien et de l’habitude. Ils ne voient pas les barreaux, mais ne voient pas non plus l’extérieur de leurs prisons. Ce sont les zoos de nos siècles, et les bêtes en cages sont les hommes. Lorsqu’ils quittent leur maison pour aller aux abords de la ville, dans la foire itinérante, pour découvrir de leurs yeux ébahis la sauvagerie d’un lion, l’étrangeté d’une girafe ou la masse d’un rhinocéros, se rendent-ils compte que ces « bêtes » ont vu plus de pays qu’eux ? Qu’ils ont couvert plus de distance ? Que ces « curiosités » ont vu plus de villes et de gens que ces braves gens n’en verront de toute leur vie ? Sans doute pas. Peut-être est-ce mieux pour eux.

Pour ma part, si on rajoute bout à bout toutes les distance que j’ai pu parcourir dans ma vie, j’ai fait plusieurs fois le tour de la terre. J’ai vu trop de pays pour les compter, et je ne compte pas le nombre de personnes que j’ai pu rencontrer, avec qui j’ai pu discuter, brisant la barrière des langues comme je le pouvais lorsque mon interlocuteur et moi n’avions pas le même dialecte.

Lorsqu’on y réfléchit, j’ai commencé jeune à ne pas tenir en place. Je ne sais pas qui étaient mes parent, le père Colin mac Allister m’a retrouvé devant son presbytère un matin, un 23 avril 1889 très exactement, la seule chose que j’avais était une couverture en lin trouée ou et une médaille de Saint Andrew. A peine né, déjà déraciné.

Le père Mac Allister a présumé de mes origines écossaises du fait de la présence du saint patron de ce pays autour de mon cou, à juste titre sans doute. Lui qui n’avait jamais eu de fils il y trouva son compte et me fit sien. J’ai grandi dans la rigueur d’une éducation religieuse, avec un père strict mais aimant.

Le 23 avril étant la Saint-Geogres, il me nomma George Andrew Colin Mac Allister

Sa petite chapelle se tenait dans le Queens à New-York. Ma petite enfance fut calme, bien que parsemée de références catéchistes mettant en scènes différentes bêtes et démons pourfendu par des saint et des anges.

Je fus un enfant assez espiègle. Ni méchant ou cruel, mais joueur, stucieux et aimant jouer des tours ou déjouer l’autorité. Je quittais souvent en douce la maison de mon père pour des escapades en ville, où je découvrais les lumières de « The Big Apple », le port, les agitations.

La plupart du temps j’aidais mon père à l’église. Son bedeau était un « innocent » un simple d’esprit très gentil mais très malhabile. C’est donc moi qui me chargeais bien régulièrement de certaines parties de son travail, je réparais les bancs, reclouais les icônes, redorais les objets du culte et autre petite taches. J’étais très doué de mes mains. Mon père y voyait un don de Dieu et me destinait à une carrière d’artiste religieux, faiseur de vitraux, organiste, graveur ou peintre d’icône…

Moi je voyais à chaque sortie que je faisais les gens du monde, les foires, les itinérants, les voyageurs, bateaux, les trains… Devenir sédentaire comme mon père, qui ne quittait jamais sa paroisse, me révulsait.

Lorsque vinrent mes 12 ans, âge auquel mon père voulait m’envoyer en apprentissage chez l’un de ses amis peintre de vitraux, je fis mon baluchon et m’enfuis, laissant une lettre d’excuse à ma seule famille lui expliquant mon choix.

Lorsque je le revis, quelques années plus tard, il ne m’en voulait plus, mais m’a avoué avoir demandé à Dieu pourquoi il lui avait enlevé son seul fils. Il fut dévasté par ma fuite, mais s’en remit finalement, et a aujourd’hui comprit ma vie, ma volonté de voir le monde, et ne m’en tient pas rigueur.

Lors de ma fuite, j’errais deux semaines. Mes premières nuits à la « belle étoile » furent dures, mais le frisson de l’aventure parcourait ce jeune corps. Nourris par les secours catholiques, par les dames de bonne familles en mal de bonne action, par les invendus du marchés sur lequel j’aidais à installer les caisses, ou les quelques sous que je glanais entre charité et petits travaux. J’ai commencé à New-York à apprendre la débrouille.

Et c’est au port que tout a commencé.

Je vendais des journaux à la criée. En fait ce matin-là, je ne criais pas, mais lisait ledit journal, assis sur une caisse. Je dévorais un article sur l’expédition Discovery, menée par Robert Falcon Scott, un britannique qui partait pour l’arctique…

Signe du destin ? Curieux hasard ? Toujours est-il que lorsqu’un homme me demanda le journal, je répondis « 10 pence monsieur » sans même le regarder, et répondit à ses questions sur ce que je lisais sans quitter l’article des yeux.

Cet homme, le capitaine Burries, cherchait un mousse pour son équipage, le dernier qu’il avait restait à terre pour des raisons médicales. J’acceptais immédiatement, pris mes quartier dans le navire le jour même et ainsi débuta ma vie de nomade.

Pendant quelques années, j’allais de navire en navire, de pays en pays. Mousse, matelot, je m’occupais surtout de la logistique, de réparer les différentes avaries. J’ai été formé pour la transmission radio, j’ai appris à réparer un système électrique…

On m’a appelé « handy boy » qui est vite devenu « Andy » l’un de mes nombreux surnoms.

Mes premières expédition se firent en 1906, en Amérique du Sud, continent que j’ai parcouru de nombreuses fois. D’abord simple matelot sur le navire qui amenait l’expédition de Sieur Capbel au canal de panama, c’est lorsque son opérateur radio fut cloué au lit par une violente tourista que je me suis proposé pour le remplacer.

C’était une expédition ethnologique et archéologique en Bolivie. Nous n’avons rien « trouvé » d’extraordinaire, mais ce fut mon premier contact avec la jungle. J’ai vite su me rendre extrêmement utile. Encore une fois, j’étais l’homme à tout faire, à tout réparer, celui qui aidait à la chasse, à la cuisine, au guidage…

Ce fut la première d’une longue liste d’expédition. Sir Campbel m’avait recommandé auprès d’un de ces amis du British muséum, et quatre mois plus tard, alors je travaillais sur un port de Bornéo, j’ai été contacté pour préparer sur place l’arrivée d’une autre expédition, qui cette fois-ci partait pour la cordillère des Andes. La première expédition pour laquelle j’étais en charge de l’organisation et de la logistique. Ce fut un franc succès.

Pendant plusieurs années, j’ai été une petite référence dans le milieu. Dès qu’on souhaitait organiser une expédition sur le continent sud-américain, on me demandait si j’étais disponible. A force que je connaissais tous les bureaucrates, mais aussi les armateurs, le villageois des étapes, et même certains membres de tribus vivants encore isolées dans la jungle. On me surnommait « Ami Branco » ou « o pastor » en portugais, « o habil » en espagnol, « de herder » en néerlandais..; Je ne compte même plus mes différents noms. George ou Mac Allister était les plus connus, mais difficiles à prononcer pour les natifs, qui m’appelaient Georgio, gorgue, macali…

Lorsque je ne préparais pas d’expédition, je travaillais sur les navires pour faire les liaisons nouveau-vieux continent.

Par un coup du destin, j’étais à Copenhague lorsqu’Amundsen, vexé d’avoir été doublé par Robert Falcon Scott au pôle Nord, montait en secret une expédition pour le pôle Sud. Présenté par un ami commun, je plus à l’homme. Et malgré ma méconnaissance des grands froids, il fut séduit par mon caractère et mon apparent savoir-faire, vanté par beaucoup dans le milieu.

C’est ainsi que je partis pour ma première expédition pour les pôles…

L’histoire de l’expédition est bien connue. Il faut juste savoir que j’en faisais partie. Ce fut rude, très rude. Même si certaines expédition m’avaient amenées dans les cordillères à haute altitude, ou sur les pointes du Chili et de l’Argentine, cela n’a rien à voir avec la banquise.

Je me suis rendu très utile : je suis parvenu à alléger les traîneaux, à améliorer les bottes et les tentes. Nous avons passé l’hiver austral au camp de base. J’ai accompagné certaines expéditions. Si je ne me suis pas rendu personnellement sur le pôle avec Amundsen et les trois autre lorsqu’ils atteignirent le pôle, j’assurais leur retour, préparait les vivres, bref, ce que je savais faire de mieux : la logistique.

Ce fut ma première expérience au pôle, mais pas la dernière, j’ai participé à plusieurs expédition australes, en arctique et antarctique. Connu presque seulement du milieu, je ne donnais pas d’interview, et demandais généralement à ce que mon nom ne soit pas trop cité. Car j’aime la paix, je ne voulais pas du faste des réceptions, des photos dans les journaux. Je préférais le calme de mes petites maisons aux quatre coins du monde, le pont des bateaux ou les camps dans la jungle.

Aujourd’hui, je continue mes voyages, je me suis fixé non loin de New-York pour mes périodes de repos, afin de rester non loin de mon père vieillissant. J’ai accumulé assez d’argent pour ne pas avoir vraiment besoin de travailler. Et si un jour j’ai besoin de liquidité, certaines personnes me rendraient service, ou il me suffirait de travailler à nouveau, avec la communication aujourd’hui, je peux préparer des expéditions sans même me déplacer. Non pas que cela me plaise, mais je tiens à rester près de mon père pendant ses dernières années, limitant ainsi le nombre et la durée de mes voyages. J’aurais le temps de continuer à découvrir le monde après son départ.

La vérité et que, outre la beauté et l’exotisme, lors de ce genre de voyage, l’on rencontre d’autres choses, des choses dont on ne parle pas dans les journaux. Des sensations, des sentiments qu’on ne s’explique pas. Que ce soit dans les temples incas cachés dans la jungle, où les bas-reliefs racontent des choses très perturbantes en rapport avec les étoiles et la forêt, que ce soit ces ombres étranges que l’on voit dans l’eau, des bruits aux abords du camps dans la jungle, les formes que l’on pense voir dans le blizzard ou figées dans la glace, les cultes de certaines tribu indigènes voués à des dieux marins céphalopodes… Tout cela on ne le raconte pas, on le vit. Et il me tarde tout comme je redoute de le vivre à nouveau. J’ai glané autant de questions que de réponses lors de ces voyages, et je cherche encore à les élucider.

 

Valkann

Élu des Internets, défenseur de la grande Trollerie, Gardien des Grands Anciens

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